Publié par le Figaro

RENÉ HUYGHE, UNE VIE POUR L'ART

ENCHERES
Dispersée le 5 juin, à Drouot, la collection sans prétention de feu l'académicien est l'occasition de découvrir, au-delà de ses nombreux écrits, ses goûts pour la peinture et les objets de tous les continents.

" L’art est un véritable révélateur de l’individu, plié, pour une large part, aux disciplines du groupe, mais trouvant, par ailleurs, en s’affirmer dans sa personnalitédistincte ", lui-même une irrépressible injonction à écrivait René Huyghe, dans Les Puissances de l’image, une psychologie de l’art, somme rassemblant l’essentiel de ses cours donnés au Collège de France entre 1951 et 1976.
Les multiples ouvrages de l’académicien – du plus concret avec Cézanne, Rousseau,Watteau, Van Gogh, Gauguin, Delacroix, au plus abstrait avec L’Art et l’Homme – ont accompagnénombre d’étudiants à l’École du Louvre. Des écrits devenusdes classiques.

Disparu en 1997, il a consacré sa vie à l’art, titre de son volume de Mémoires publié trois ans avant. À force d’en avoir décortiqué tous les contours, il a voulu en posséder quelques morceaux. Les objets vendus à Drouot, le 5 juin, sous le marteau de Tessier & Sarrou, ont accompagné sa vie. Et dans le marché de l’art, René Huyghe s’exprimait autant que dans ses livres, même si sa collection est éclectique : art islamique, asiatique, précolombien et égyptien, mobilier ancien conventionnel avec appliques en bois doré, pendule portique en marbre blanc, chenets avec petits enfants souffleurs en bronze doré, grand canapé corbeille garni de soie bleue (1500 à 2 000 euros).
Et beaucoup de portraits, surtout de l’école française, et des tableaux souvent « attribués à » comme cette Vue d’une mare dans un bois de Jan van Kessel (3 000 à 4 000 euros).

« Son appartement de la rue Corneille était un décor qui flirtait parfois avec le théâtral : colonnes, miroirs, bois doré. Et aucun visiteur ne pouvait s’empêcher de le comparer à un musée », raconte son fils, François-Bernard Huyghe, qui vend, après la mort de sa mère.