Publié par la Gazette Drouot

FACE-À-FACE ANIMAL

Un chien – un braque plus précisément – était le meilleur ami d’une marmotte. Tous deux se retrouvaient dans une vente d’arts décoratifs du XXe siècle, au milieu d’autres sculptures rendant hommage au règne animal. On les devait à deux des meilleurs artistes en la matière, Rembrandt Bugatti (1884-1916) et Édouard Marcel Sandoz (1881-1971). Là s’arrête la comparaison entre les deux hommes, car s’ils viennent l’un comme l’autre de l’étranger pour travailler à Paris à l’aube de la Première Guerre mondiale, rien dans leur parcours ni dans leur style ne les rapproche ensuite. Le premier est l’archétype de l’artiste maudit, foudroyé en plein talent à 32 ans à peine, quand le second aura une carrière longue et ponctuée de succès. Et là où l’Italien développe un style nerveux et vivant, afin d’être au plus juste dans sa traduction, le Suisse épure, simplifie les formes, supprime le détail pour mettre en valeur les seules lignes. Si les 184 150 € avancés pour devenir le maître de ce Braque debout, une fonte d’Hébrard vers 1905, sont naturels tant les œuvres de Bugatti sont coutumières des scores à six chiffres – même lorsqu’il ne s’agit pas d’un fauve ou d’un représentant plus atypique –,

 


les 152 400 € de la Marmotte à l’arrêt de Sandoz étaient moins attendus. Quoique… Présentée lors des «Morceaux choisis» de Drouot, elle avait fière allure sur sa colonne. Les joues gonflées et le poil luisant, elle défiait avec noblesse les œuvres anciennes et modernes l’entourant. Elle avait raison et, chemin faisant, entrait dans le top ten des œuvres de son créateur (source : Artnet),
 


lequel était ensuite récompensé de 27 940 € pour un volatile taillé dans l’onyx vers 1910 (h. 15 cm).
Lundi 26 novembre, salle 10-16 - Drouot-Richelieu.