Publié par la Gazette Drouot

3 QUESTIONS À FANNY DE LÉPINAU


 


DIRECTRICE DU MUSÉE DE MONTMARTRE LABELLISÉ MUSÉE DE FRANCE EN 2003,
L’ÉTABLISSEMENT INSTALLÉ 12, RUE CORTOT DANS L’ANCIENNE MAISON DU BEL-AIR,
A FAIT PEAU NEUVE DE 2011 À 2014 ET POSSÈDE ENVIRON 6 000 ŒUVRES.


Quel regard portez-vous sur cet ensemble de tableaux de Maurice Utrillo, incontournable de la vie montmartroise ?
La présentation de cette série homogène de quatorze toiles, toutes de la période 1910- 1920, et conservées pendant presque un siècle en mains privées, est un événement majeur. C’est même exceptionnel pour l’œuvre de l’artiste. Nous savions bien sûr qu’il avait été sous contrat d’octobre 1919 à juin 1922 avec Pierre Levasseur. C’est passionnant pour l’histoire de l’art que ces œuvres réapparaissent aujourd’hui sur le marché !


Cette vente peut-elle avoir une répercussion sur la fréquentation du musée de Montmartre ?
Oui, bien sûr... Car elle va faire parler d’Utrillo qui, par son histoire, est très lié à notre musée et à son site. La médiatisation d’un événement relatif à l’œuvre d’un artiste, comme une vente aux enchères ou une exposition, éveille la curiosité du public qui a envie de mieux connaître celui qui est mis en lumière. Les liens sont étroits entre musées et marché de l’art. Aujourd’hui, 70 % de notre public est français, 7 % est américain et nous travaillons actuellement à notre développement vers l’Asie.


Prévoyez-vous d’assister à la vente et peut-être d’acquérir des œuvres ?
Cette date est notée dans mon agenda et je suis impatiente d’aller à la vente. La Société Le Vieux Montmartre [à l’origine du musée en 1960 ndlr], qui a constitué un fonds remarquable sur Le Chat noir et sur les artistes de la butte, continue à enrichir sa collection, que nous mettons en valeur au musée et à laquelle son gestionnaire, la société Kléber Rossillon, participe financièrement. Mais je crains que la cote de Maurice Utrillo aux enchères ne soit trop élevée pour une acquisition...