Publié par la Gazette
Eugène Lami (1800-1890), Entrée de SAR Madame la duchesse d’Orléans dans le jardin des Tuileries, 4 juin 1837, huile sur toile, 93 x 157 cm.
Adjugé : 450 000 €
L’histoire de la journée particulière du mariage royal liant les destinées de l’héritier du trône Ferdinand-Philippe (1810-1842), duc d’Orléans, et de la jeune princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858), nièce du roi de Prusse, était relatée dans la Gazette n° 25 du 23 juin, page 69. Louis-Philippe, voulant inscrire son règne dans la longue lignée monarchique et faire oublier son ascendance orléanaise, avait tenu à renouer avec la tradition du faste de l’entrée des reines. La jeune épousée est ainsi allée, au fil d’un interminable cortège – débuté le matin et achevé vers 16 heures –, jusqu’aux portes du palais des Tuileries. C’est ce dernier moment qu’Eugène Lami (1800-1890) choisit de mettre en scène au milieu d’une foultitude de personnages, identifiables pour les plus célèbres d’entre eux. Cette toile faisait une entrée royale à Drouot, puisqu’elle y recevait 450 000 € et décrochait ainsi un record mondial pour l’artiste (source : Artnet), très loin devant le précédent – 58 750 £ chez Christie’s, le 10 juillet 2001, pour une Vue de la vente de charité pour les victimes de la Guadeloupe dans le Grand Salon du Palais-Royal à Paris, une aquarelle. Eugène Lami est un peu le chroniqueur de la vie élégante de la monarchie de Juillet et du second Empire, un angle qu’avait d’ailleurs choisi le musée des Arts décoratifs, en 2013, pour lui dédier un accrochage. Illustrateur et lithographe, il est aussi un aquarelliste hors pair formé au meilleur de l’école anglaise. Peintre officiel de Louis-Philippe à partir de 1832, il devient proche des enfants royaux et se voit confier la décoration des appartements du duc d’Orléans – le jeune marié de la toile –, mais aussi du duc de Nemours et de celui d’Aumale, qui lui ouvre les portes de ses appartements privés du domaine de Chantilly. C’est ensuite James de Rothschild qui le retient pour les décors de ses châteaux de Ferrières et de Boulogne-Billancourt. Son style est brillant, enlevé, foisonnant de vie et de dextérité. Le reflet d’une époque.

Mercredi 28 juin, salle 4 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. Cabinet Millet & Ottavi.