Publié par la Gazette
Chine, époque Guangxu (1875-1908), commande impériale. La Bataille entre l’armée impériale des Qing et les rebelles Nian, encre polychrome sur soie, 136 x 301 cm.
Adjugé : 812 500 €
Continuation de la quinzaine asiatique semestrielle. C’était au tour de la maison Tessier & Sarrou et Associés de prendre la route du Grand Est et d’y récolter ses bienfaits. En étant récompensée de 812 500 €, une encre polychrome sur soie évoquant un épisode fameux de l’histoire impériale de la Chine, la bataille entre l’armée impériale des Qing et les rebelles Nian (relatée page 66 de la Gazette n° 25 du 23 juin), recevait le deuxième résultat de la quinzaine pour Drouot, derrière le vase de Jean-Marc Delvaux (1 064 200 € voir Gazette n° 26 du 30 juin, page 76). Un très beau prix pour cette pièce de grand format et assez récente, puisque exécutée entre 1875 et 1908. Cette courte période correspond au règne de Guangxu, monté sur le trône à l’âge de quatre ans seulement par la volonté de sa tante, l’impératrice douairière Cixi (1835-1908). Il est trop jeune pour gouverner, et la régence sera assurée par celle-ci. Alors qu’il tente enfin de s’affirmer et réunit autour de lui des réformateurs, il est reconnu «incapable de gouverner» en 1898. L’infortuné souverain sera détenu et maintenu au secret au sein du palais jusqu’à sa mort. Cixi reprend les rênes, qu’elle confiera ensuite à Puyi (1906-1967), le dernier empereur. On comprend l’importance pour le pouvoir de faire réaliser des fresques mettant en scène les victoires impériales contre les révolutionnaires antimandchous. Allusion à peine masquée… et propagande clairement affirmée ! Dans ce même après-midi, une paire de panneaux en laque du maître vietnamien du genre, Nguyen Gia Tri (1908-1993), représentant des jeunes femmes nonchalamment alanguies ou occupées à des tâches dans un jardin (l’un reproduit ci-contre), affichaient leur or à 95 000 €. Un vase (h. 75 cm) du XIXe siècle en porcelaine décorée en bleu sous couverte de paysages lacustres retenait 87 500 €, multipliant par vingt les prévisions, et une coupe libatoire en corne de rhinocéros (poids 190,80 g), sculptée au XVIIIe siècle, libérait 46 250 €… Le tout sous le regard serein d’une grande (h. 62 cm) statue en bronze doré d’Avalokitesvara. Le boddhisattva, fondu au Tibet au XVIIe siècle, exprimait sa compassion à 62 500 € et apportait un peu de hauteur religieuse à cette avalanche de résultats chinois.

Lundi 26 juin, salle 16 - Drouot-Richelieu.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. Cabinet Portier et Associés.